12.01.2018, 00:01

Du vieux pour sa nouvelle vie

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Corinne Doebeli ne compte pas ses heures pour que la brocante ouvre ses portes au public dès le 1ermai.

 12.01.2018, 00:01 Du vieux pour sa nouvelle vie

LA SARRAZ Il y a un an, Corinne Doebeli prenait les rênes de la brocante. L’établissement rouvrira ses portes dans quelques mois.

«Si vous posez vos lunettes quelque part sans y prêter attention, je vous mets au défi de les retrouver.» Depuis avril dernier, Corinne Doebeli est à la tête de la brocante de La Sarraz, anciennement propriété de la famille Schmidt de Cossonay. Seule désormais à gérer l’établissement, l’habitante de Penthalaz travaille d’arrache-pied pour la réouverture officielle du magasin,...

«Si vous posez vos lunettes quelque part sans y prêter attention, je vous mets au défi de les retrouver.» Depuis avril dernier, Corinne Doebeli est à la tête de la brocante de La Sarraz, anciennement propriété de la famille Schmidt de Cossonay. Seule désormais à gérer l’établissement, l’habitante de Penthalaz travaille d’arrache-pied pour la réouverture officielle du magasin, agendée au 1er mai. «J’aime cette date, qui fête le travail, celui que j’aurais accompli pendant un an.» Une occasion de sabrer le champagne en compagnie de son entourage: «Je n’aurai pas pu vivre ce rêve sans mon compagnon Marc et mon papa.»

La radio en fond sonore, pas plus de dix degrés ne s’affichent au thermomètre de l’immense magasin de 600 mètres carrés. «Le poêle à pellets met du temps à le chauffer. J’en attends un deuxième pour l’ouverture.» Derrière cette action, un seul but: être aux petits soins pour ses futurs visiteurs: «Les amoureux de brocante se donnent généralement beaucoup de temps pour trouver un objet. Il est normal qu’ils s’y sentent bien.»

Un travail de titans

Un petit coin café et détente, «pour s’asseoir et réfléchir» attend déjà ses premiers clients. «Ici, il y a beaucoup d’information visuelle. On peut vite se sentir étourdi», sourit-elle. En effet, meubles, disques, articles de literies, outils, vaisselle et des milliers d’autres objets occupent l’intégralité des deux étages du magasin. Et malgré la meilleure volonté du monde, impossible de les quantifier: «Cela fait 8 mois que je trie et que je range. Et je découvre chaque jour de nouveaux objets. Je ne pourrais jamais les avoir tous en tête. Le but est de me faire une idée globale de ce que je possède.» Un travail titanesque pour celle qui ne lâche jamais son sourire.

Installée dans ce qui était à la base une porcherie, la brocante a vu le jour en 1999. «Mes parents l’ont gérée pendant des années. Nous avons vendu le bâtiment tel quel en 2016», explique Catherine Schmidt, ancienne propriétaire de la brocante. Ce lieu a une belle âme, je suis contente que quelqu’un de passionné en reprenne les rênes.» Des lieux empreints de vie, ce n’est pas Corinne Doebeli qui dira le contraire: «Les objets ont une histoire, une âme. Même si les clients n’achètent pas, j’aime voir une certaine flamme du souvenir dans leur yeux.» Ayant baigné dans l’univers de la brocante depuis son plus jeune âge, elle s’est d’ailleurs toujours fournie en habits dans les magasins de seconde main: «J’étais une des clientes des Schmidt. Je n’aurais jamais pensé venir y installer mon rêve de vie.»

Dernier projet professionnel

Relieuse artisanale de métier, Corinne Doebeli a longtemps tenu la boutique-café de la gare de Cossonay, qui a fermé ses portes en 2014. Auparavant, elle était à la tête du pub «La Brique» à L’Isle, lui aussi disparu. «Tenir un établissement où l’on vend de l’alcool ne me plairait plus», explique cette maman de deux jeunes adultes. Aventurière en quête de nouveaux objectifs, elle voit en cette acquisition sarrazine son «dernier projet professionnel»: «A 47 ans, je suis là où je dois être. Et puis, même si j’ai peur que cela ne marche pas comme prévu, elle ne prendra pas le dessus. Dans la vie, j’ai décidé d’oser me lancer.»

Catherine Schmidt, désormais artisane à son compte à Grandvaux, se joint aux proches de Corinne afin de lui souhaiter le meilleur pour la suite: «Elle mérite de réussir son pari. Il n’y a pas de raison du contraire.» Signe du destin, Corinne est en possession d’un panneau de signalisation où «Brocante» est inscrit en toutes lettres, depuis quinze ans.


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