12.09.2017, 16:03  

A Nyon, Magasins du monde fête ses 40 ans

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Tenue par des bénévoles, la boutique Magasins du monde de Nyon ouvre selon les mêmes horaires que les autres commerces du centre-ville. Laurence Muller-Mornod est l’un des 25 visages bien connus des habitués de l’enseigne nyonnaise.

 12.09.2017, 16:03   A Nyon, Magasins du monde fête ses 40 ans

COMMERCE - La boutique nyonnaise Magasins du monde fête ses 40 années d’existence. Retour sur une enseigne atypique.

gregory balmat

gregory.balmat@lacote.ch

Que peuvent bien avoir en commun des vêtements, des bijoux, des bibelots, mais aussi du chocolat ou encore des jouets? La question se pose lorsque l’on pénètre pour la première fois dans l’arcade estampillée Magasins du monde de la place Bel-Air, tant le contenu qui occupe chaque centimètre carré de la surface de vente est hétéroclite. Et pourtant, tous ces produits partagent...

gregory balmat

gregory.balmat@lacote.ch

Que peuvent bien avoir en commun des vêtements, des bijoux, des bibelots, mais aussi du chocolat ou encore des jouets? La question se pose lorsque l’on pénètre pour la première fois dans l’arcade estampillée Magasins du monde de la place Bel-Air, tant le contenu qui occupe chaque centimètre carré de la surface de vente est hétéroclite. Et pourtant, tous ces produits partagent bel et bien un point commun: ils proviennent tous du commerce équitable. C’est là le credo des 37 Magasins du monde de Suisse romande, dont fait partie l’enseigne de Nyon qui souffle ses 40 bougies cette année. Des boutiques au fonctionnement bien particulier puisqu’il repose sur l’engagement bénévole de celles et ceux qui se trouvent derrière le comptoir.

A Nyon, ce ne sont pas moins de 25 personnes qui se relaient pour assurer le bon fonctionnement du commerce et cela fait quatre décennies que ça dure. Mais attention, si la boutique nyonnaise est rattachée à l’association faîtière et à but non lucratif Magasins du monde, elle n’en reste pas moins totalement autonome et sous le contrôle direct des bénévoles. Ceux-ci, réunis en association locale, gèrent donc leur commerce de A à Z, des commandes, jusqu’au secrétariat en passant par la décoration des vitrines. «Nous sommes tous là par conviction, parce que nous croyons aux valeurs qui s’incarnent dans le commerce équitable», explique Laurence Muller-Mornod, présidente de l’association nyonnaise et qui participe à l’aventure depuis dix-huit ans.

Connaître ses produits

Quel que soit l’article vendu dans le magasin, l’objectif est toujours le même: s’assurer que le producteur situé à l’autre extrémité de la chaîne puisse vivre dignement de son travail. Pour ce faire, une traçabilité exemplaire et indispensable est assurée par l’un des dix fournisseurs agréés par l’association Magasins du monde. «Tous les bénévoles reçoivent également une formation qui leur permet d’apprendre le métier de la vente et d’approfondir leurs connaissances du commerce équitable», précise Agathe Denis, animatrice pour l’association romande.


"Le but est qu’un maximum d’argent aille dans la poche des producteurs."


Connaître l’histoire et les origines de chaque produit occupant les étals du magasin est obligatoire, selon Laurence Muller-Mornod. «C’est ce que les gens viennent chercher et ce qui nous différencie des grandes surfaces.» Des informations qui permettent également de faire passer la pilule de tarifs relativement élevés. «Nous sommes une association à but non lucratif, rappelle Laurence Muller-Mornod. Nos marges sont très faibles. Le but est qu’un maximum d’argent aille dans la poche des producteurs.» Une chose est sûre: en l’absence de masse salariale, les charges du magasin sont des plus réduites. «Il y a le loyer, bien sûr, et notre cotisation à l’association régionale. Lorsque nous dégageons un peu de bénéfice, nous essayons de consacrer un peu de ressources à l’aménagement de la boutique.»

Côté organisationnel, les bénévoles nyonnais fonctionnent en binôme et passent une demi-journée par semaine dans la boutique. Et certains se chargent également des commandes ou encore du ménage. «C’est selon les envies et les compétences de chacun, précise la présidente. Vu la longévité de notre magasin, il faut croire que nous nous en sortons plutôt bien.»

Une clientèle fidèle

Et quid des difficultés rencontrées par les commerçants de la place nyonnaise? Magasins du monde a vu la poste s’envoler pour un nouvel emplacement et le tea-room Rapp disparaître, deux machines à attirer la clientèle sur la place Bel-Air. «Nous sommes comme n’importe quel commerce. Ce genre d’aléas nous impacte inévitablement, reconnaît Laurence Muller-Mornod. Mais il faut s’accrocher et les clients finissent par revenir.»

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Il faut dire que l’équipe peut compter sur des habitués, notamment au rayon alimentaire. Et si le café et le chocolat représentent le gros des ventes, des nouveautés commencent à s’imposer, comme ces pâtes et sauces tomate produites en Italie. La boutique est également très courue par les personnes en quête d’une idée de cadeau originale. «L’aspect équitable de notre démarche séduit, mais la qualité de notre offre est aussi un critère d’achat», assure la présidente de l’association nyonnaise.

«Chaque enseigne des Magasins du monde a une clientèle qui lui est propre, avance Agathe Denis. A Nyon, vendre un sac en cuir à plus de 200francs n’a rien d’étonnant. Parvenir à écouler le même article du côté de Châtel-Saint-Denis (FR) est nettement plus difficile.»

La boutique Magasins du monde fête ses 40 ans, samedi 23 septembre de 10 à 13h. Dégustations de spécialités maison, musique et animations pour petits et grands.

Pionniers suisses

Histoire Créée en 1974, l’Association romande des Magasins du monde s’inscrit alors dans un mouvement mondial qui questionne les mécanismes du commerce international et leurs impacts sur les producteurs des pays du Sud. Des premières arcades commerciales arborant l’enseigne Magasins du monde ouvrent à Lausanne, à Genève et au Locle (NE). Les Nyonnais n’auront pas à attendre longtemps pour profiter des produits issus du commerce équitable, puisqu’une boutique ouvrira en 1977 à la rue du Collège, puis déménagera à la rue de la Combe avant de s’installer place Bel-Air, il y a 12 ans.

philosophie«Le commerce classique pense, pour ainsi dire, exclusivement au client, expose Agathe Denis, animatrice pour le compte de l’association Magasins du monde. Nous regardons dans l’autre direction, dans celle du producteur. D’une certaine façon, c’est lui qui nous dicte notre stratégie commerciale.» Une philosophie qui séduit particulièrement en Suisse puisque, selon l’association, le pays serait champion européen en matière de consommation de produits en provenance du commerce équitable. Un engouement qui n’a pas échappé aux grandes surfaces. «La multiplication des canaux de distribution est une bonne nouvelle en soi, mais avec l’augmentation des volumes de vente, il faut s’assurer que les critères de labellisation restent exigeants», met en garde Agathe Denis.


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