25.08.2017, 00:01  

Tannay se drape d’émotions et de sensualité

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 25.08.2017, 00:01   Tannay se drape d’émotions et de sensualité

FESTIVAL - En Terre Sainte, les notes virevoltent avec grâce et douceur depuis une semaine. Ambiance.

sigfredo haro Photos florian sägesser Texte

florian.saegesser@lacote.ch

Mercredi soir, fait exceptionnel mais pas unique, les organisateurs des Variations musicales de Tannay ont rajouté des places, jusque sur la scène, de part et d’autre du piano. «Nous avons toujours une ou deux dates complètes par édition. Cette année, les places pour le mercredi, le jeudi – mais il était plus facile de...

sigfredo haro Photos florian sägesser Texte

florian.saegesser@lacote.ch

Mercredi soir, fait exceptionnel mais pas unique, les organisateurs des Variations musicales de Tannay ont rajouté des places, jusque sur la scène, de part et d’autre du piano. «Nous avons toujours une ou deux dates complètes par édition. Cette année, les places pour le mercredi, le jeudi – mais il était plus facile de remplir la salle de la Villa Niedermeyer, à Nyon, car plus petite – et le vendredi ont été toutes vendues», souligne Karl Valfells, le responsable de la billetterie.

Le festival grandit et séduit. Avec la venue de Khatia Buniatishvili et Renaud Capuçon, ce mercredi, la manifestation accueillait «deux artistes majeurs», comme le rappelait justement Serge Schmidt, syndic de Tannay et président des Variations musicales. Le programme porte à lui seul le succès de l’événement, tant il regorge de stars actuelles, dont les sœurs Camille et Julie Berthollet, disque d’or cette année. Avec ces jeunes artistes, l’image du classique se dépoussière et le public rajeunit sensiblement.

Attendu comme l’un, voire le point d’orgue de cette édition, le concert donné par la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili et le violoniste français Renaud Capuçon n’a déçu aucune promesse. Répertoire romantique, sens en éveil et performance à la puissance évocatrice: la musique ne s’écoute pas, elle se vit, à la fois de manière collective et individuelle. Leurs interprétations créèrent des images, des histoires qui nous sont propres. Antonin Dvorák nous catapulta sur les bords du Danube aux côtés de deux inconnus, dont les mains se caressent et se découvrent, tourbillonnant dans un froid mordant. Edvard Grieg fit flotter un parfum de Norvège et, pour certains, ressurgir des souvenirs d’enfance, telle la madeleine de Proust. Un Marcel Proust qui n’était, de son temps, pas resté insensible à la sonate de César Franck, qu’interprétèrent finalement Khatia Buniatishvili et Renaud Capuçon pour nous offrir, au fil d’un sensuel dialogue entre piano et violon, de nouvelles images.

Un moment plein de charme. L’assistance ne s’y trompa guère et applaudit si fort que le duo, généreux, gratifia son public de trois rappels et d’infinis sourires. Car comme l’écrivit Milan Kundera, la musique est une pompe à gonfler l’âme.

L’orage et Schubert

Vendredi dernier, les Variations musicales s’étaient ouvertes par un autre moment singulier. Au lieu de la plage de Gland, Camille Thomas et le Quatuor Terpsycordes furent rapatriés sous la tente du château de Tannay. Les organisateurs ont eu raison. Dès les premières notes, Franz Schubert jaillissait comme la pluie, tout d’abord en petites gouttes éparses, avant de tourner en déluge. En plein concert, Girolamo Bottiglieri, premier violon du Quatuor Terpsycordes, interpella Serge Schmidt: «On attend ou on continue?» Ne lâchant pas son violoncelle, Camille Thomas décochait, elle, un éblouissant sourire, tandis que le parc du château prenait l’eau. «Rapprochez-vous», invita Girolamo Bottiglieri, avant que le quintette ne poursuivit sa partition.

La salle se resserra. S’installa alors une atmosphère particulière, intimiste, entre les artistes et le public. Un cocon douillet, chaleureux, à l’abri du temps. Hors de cette bulle, l’orage grondait, les éclairs s’enchaînaient avec fougue comme les notes composées par Schubert s’accouplaient avec émotion. L’obscurité naissante, renforcée par les épais nuages noirs, accentua la flamboyance des protagonistes. Une douce entrée dans la nuit – et lorsque les instruments se turent, le récital avait fait disparaître la pluie.

Variations musicales de Tannay

ATTENTION

Le concert de Camille et Julie Berthollet, prévu ce vendredi soir, affiche complet.

PROGRAMME Samedi, le concert des familles «Pierre et le loup», de Sergueï Prokofiev aura lieu au château de Tannay, à 17h (entrée libre et sans réservation).

Dimanche, le festival se clôturera avec l’Orchestre de chambre de Genève et le guitariste soliste Emmanuel Rossfelder, au château de Tannay, à 17h.

www.musicales-tannay.ch


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