05.09.2017, 12:00  

Une Morgienne en stage d'infirmière au Cambodge

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 05.09.2017, 12:00   Une Morgienne en stage d'infirmière au Cambodge

Voyage - Etudiante en soins infirmiers, Sarah Etter a fait un stage de deux mois au Cambodge.

A 23 ans, Sarah Etter sait qu’elle ne passera pas toute sa vie en Suisse. Déjà nourrie par plusieurs voyages à l’étranger, cette étudiante en soins infirmiers se verrait bien, un jour, exercer auprès de personnes démunies. Pour toucher ce projet du bout des doigts, la Morgienne vient tout juste de rentrer de huit semaines de stage au Cambodge. Là-bas, elle a pu se plonger dans le quotidien des infirmières et...

A 23 ans, Sarah Etter sait qu’elle ne passera pas toute sa vie en Suisse. Déjà nourrie par plusieurs voyages à l’étranger, cette étudiante en soins infirmiers se verrait bien, un jour, exercer auprès de personnes démunies. Pour toucher ce projet du bout des doigts, la Morgienne vient tout juste de rentrer de huit semaines de stage au Cambodge. Là-bas, elle a pu se plonger dans le quotidien des infirmières et infirmiers locaux et se confronter aux réalités du pays: «Nous sommes parties à quatre, dans un hôpital populaire, explique-t-elle. Ce n’est de loin pas un endroit luxueux et la différence avec les soins qu’on trouve ici se ressent dès qu’on entre dans le bâtiment.» Le premier jour, la jeune femme a découvert avec désarroi de nombreux lits entassés dans les couloirs par manque de place: «Il est de coutume que les patients soient toujours entourés par leurs familles car ce sont elles qui vont fournir les soins de base comme donner à manger ou l’hygiène», ajoute-t-elle.

Très vite, Sarah a été particulièrement marquée par le rapport des patients aux soins: «Malgré le fait que les lieux soient bondés, personne ne se plaint de l’attente. Ça, c’était impressionnant. Et ils ne se plaignent presque pas non plus de la douleur alors qu’il n’y a pratiquement pas d’antalgiques donnés.» Elle s’est retrouvée confrontée à un environnement bien différent de celui auquel elle a, depuis le départ, été habituée: «J’ai pu remarquer que toute la famille s’arrête pour le patient. Un homme de 45 ans avait, par exemple, sa femme et ses enfants toute la matinée avec lui, tous les jours. Ce n’est pas possible d’imaginer ça en Suisse, avec les horaires cadrés et les règlements.»

Les premières difficultés sont apparues avec le matériel à utiliser: «Sur le plan de la stérilité, ce n’était pas du tout bon, continue-t-elle. Au départ, cela te trouble car les ciseaux, par exemple, sont peu précis et tu as peur de faire mal, mais ensuite tu comprends que les soignants font au mieux avec ce qu’ils ont

Des moments de vie inoubliables

Sa veille de nuit a également été une expérience que la jeune infirmière n’est pas près d’oublier. Elle s’est retrouvée à faire une garde dans un hôpital plongé dans la pénombre et sans interprète: «L’atmosphère change complètement. Les familles rentrent chez elles, le service est vide. Vers 21h, on s’apprêtait à dîner avec nos sandwichs, mais les soignants locaux nous ont conviés à partager le repas avec eux. Je me souviens bien de ce moment car ils ont trouvé drôle qu’on puisse manger du pain comme ça, c’était un très bon moment.» Un autre moment d’étonnement, de sa part cette fois-ci, s’est produit après une opération de l’appendicite à laquelle elle venait d’assister: «Il était 2h du matin et, de retour au bureau, tout le monde dormait! En Suisse, ça ne serait jamais possible, sourit-elle. De temps en temps, une famille encore sur place venait réveiller un infirmier et celui-ci allait alors voir ce qu’il se passait.»

Des injustices à accepter

Pendant son expérience, Sarah a souvent dû faire face à des patients au diagnostic très avancé: «Ils attendent le plus possible avant de consulter car c’est trop cher. C’est une situation qui est très touchante et tu dois te faire une barrière de sécurité pour te protéger... Cette injustice m’a vraiment marquée. En Suisse, ils pourraient les soigner alors que là-bas, c’est trop coûteux.»

Pendant son voyage, elle a aussi pu passer deux jours dans un dispensaire, au cœur d’un village perdu au milieu de nulle part. Elle a ainsi participé aux rares journées où quatre médecins s’activent pour consulter le plus d’habitants possible: «Je l’ai pris sur un plan comique parce que sinon, je pleurais... Ça défile, je pense que la femme médecin que je suivais a dû voir 100 patients en une matinée: tension, poids, mesure. Ensuite, elle demandait où la personne avait mal et fournissait des médicaments. Il y avait souvent des problèmes dus à la dénutrition.» Elle a aussi été confrontée à plusieurs faux patients venus uniquement pour demander des médicaments ne leur étant pas forcément indispensables: «C’était vraiment intéressant de voir comment cela se passe en campagne. Je me suis sentie utile car j’ai pu conseiller la médecin. Mais en même temps, cela crée une révolte car tu as tellement envie d’en faire plus!» De retour en Suisse pour suivre sa troisième année de formation à la Haute école de santé Vaud, à Lausanne, Sarah débute ce mois-ci un stage en EMS.

Elle termine en prenant du recul sur cette expérience à l’étranger: «Je ne peux pas dire qu’ici, c’est mieux ou moins bien que là-bas car au Cambodge j’ai pu réaliser que c’est une problématique de moyens. Je vais commencer par travailler en Suisse mais certainement finir par aller ailleurs, où je pourrai apporter mon expérience dans un autre pays comme celui que j’ai visité.»


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